Menthe
Mentha spicata

L'aromate increvable par excellence, celle qui revient chaque printemps et finit par coloniser tout le carré si on la laisse faire. On la cultive surtout pour ses feuilles parfumées, en infusion ou en cuisine, et son seul vrai défaut est de ne jamais vouloir s'arrêter.
La menthe est une vivace de la famille des Lamiacées, l'une des plantes aromatiques les plus faciles à réussir, au point qu'on lui reproche surtout son enthousiasme. Ses tiges carrées et ses feuilles dentées au parfum mentholé la rendent reconnaissable au premier froissement.
Toutes ses parties tendres se mangent sans réserve : les feuilles s'utilisent fraîches ou séchées, en infusion, dans un thé, un taboulé ou un dessert. Il existe des dizaines de menthes, de la menthe verte à la menthe poivrée, toutes comestibles, qui se croisent si facilement entre elles qu'on ne sait jamais vraiment laquelle on cultive.
On la sème rarement, car les graines lèvent lentement et les menthes hybrides ne reproduisent pas fidèlement le parfum du pied mère. On part presque toujours d'un éclat de souche ou d'une bouture, qui s'enracine en quelques jours dans un simple verre d'eau.

Elle aime les sols frais, riches et qui gardent l'humidité, à mi-ombre de préférence, même si elle tolère le plein soleil tant que ses pieds ne sèchent pas. C'est une plante de bord de ruisseau, pas de rocaille, et un arrosage régulier en été change tout sur la qualité des feuilles.
Son défaut est célèbre : elle est traçante et envahit tout par ses rhizomes souterrains. Le geste qui sauve, c'est de la cultiver en pot, ou enterrée dans un grand contenant sans fond, ou ceinturée d'une barrière anti-rhizome, sinon elle étouffe ses voisines en une seule saison.

L'entretien se résume à la garder au frais avec un paillage et des arrosages réguliers l'été, et à la rabattre franchement après la floraison pour relancer des feuilles tendres. Couper les hampes florales avant qu'elles ne s'ouvrent concentre le parfum dans les feuilles, mais laisser fleurir quelques tiges régale les abeilles et les papillons.
On récolte les feuilles au fil des besoins de la fin du printemps à l'automne, toujours sans réserve puisque la plante est entièrement comestible, en pinçant les tiges au-dessus d'une paire de feuilles pour qu'elle se ramifie. Tous les trois ou quatre ans, on divise la touffe qui finit par s'épuiser en son centre pour la rajeunir.
