Phacélie
Phacelia tanacetifolia

La reine des fleurs à abeilles et l'un des meilleurs engrais verts du potager. Ses crosses bleu-mauve bourdonnent d'insectes tout l'été, et sa croissance éclair étouffe les herbes et nourrit le sol. À semer à la volée, partout où une place se libère.
La phacélie est une fleur annuelle de la famille des Boraginacées, celle de la bourrache. On la reconnaît à ses crosses de petites fleurs bleu lavande aux étamines saillantes, enroulées en crémelle puis se déroulant à mesure qu'elles s'ouvrent, et à son feuillage finement découpé qui rappelle celui de la tanaisie. Ce n'est pas une fleur de bouquet, c'est une fleur de jardinier.
Sa première vocation, c'est de nourrir les pollinisateurs : la phacélie figure parmi les toutes meilleures plantes mellifères, littéralement couverte d'abeilles, de bourdons et de syrphes pendant ses six à huit semaines de floraison. En attirer la nuée au potager, c'est s'assurer une bien meilleure pollinisation des courges, tomates et autres légumes-fruits voisins.
Sa seconde vocation, c'est l'engrais vert. À croissance très rapide, elle couvre le sol nu en quelques semaines, étouffe les herbes indésirables, et ses racines fines améliorent la structure de la terre. Fauchée puis laissée sur place ou enfouie, elle restitue au sol une belle masse de matière organique. C'est la plante idéale pour occuper une planche entre deux cultures.
Un point important : ce n'est pas une fleur comestible. On ne la cultive pas pour l'assiette mais pour les abeilles et pour le sol, et le contact répété de son feuillage peut légèrement irriter les peaux sensibles. Elle n'est pas toxique pour autant, simplement sans usage culinaire : sa place est au jardin, pas dans la cuisine.
La phacélie est l'une des fleurs les plus simples à réussir. On la sème directement en place, à la volée sur un sol ratissé, de mars à septembre, puis on griffe légèrement pour enfouir les graines, qui ont besoin d'obscurité pour germer. La levée est rapide et le tapis se referme vite. On peut échelonner les semis pour avoir des fleurs et des abeilles tout l'été.

Elle n'est vraiment pas difficile : le plein soleil et n'importe quelle terre de jardin lui conviennent, et elle se contente de peu d'eau une fois levée. On la sème dru quand on la veut comme couvre-sol ou engrais vert, plus clair quand on cherche surtout la floraison. En bordure de potager, en bande fleurie ou sur une parcelle au repos, elle trouve partout sa place.
Le geste qui compte, c'est de la faucher au bon moment. Si on la cultive en engrais vert, on la coupe dès le début de la floraison, avant qu'elle ne monte en graines, pour profiter du maximum de biomasse tendre et éviter qu'elle ne se ressème à l'excès. Si on la garde pour les abeilles, on la laisse fleurir pleinement avant de la rabattre.

L'entretien est inexistant : ni arrosage suivi, ni engrais, ni traitement. La phacélie pousse seule et ne connaît quasiment pas de ravageurs. Son seul défaut est de se ressémer généreusement si on la laisse grainer, ce qui peut être un atout comme une corvée selon l'endroit.
Comme engrais vert, on fauche la parcelle à la floraison et on laisse les tiges se décomposer en surface en paillage, ou on les enfouit légèrement ; quelques semaines plus tard, la planche est prête pour la culture suivante. Le feuillage étant légèrement irritant pour certaines peaux, mieux vaut porter des gants pour cette opération.

C'est une annuelle qui disparaît aux gelées, mais elle laisse souvent quelques graines en terre qui repointeront au printemps. Pour chaîner les générations volontairement, on laisse simplement une touffe monter en graines en fin de saison avant de tout faucher.